Revue de presse

Des croisières pour tous les handicaps
Le Berry Républicain - publié le 26 décembre 2017

Le Bora Bora
Jean-Claude Allègre, propriétaire du voilier Bora Bora, a ouvert cette année ses croisières à des adolescents souffrant d’autisme. Les encadrants soulignent les bienfaits de cette initiative, mais il manque un protocole de suivi qui permettra de mieux mesurer les effets d’un séjour en mer.


L’aventure désormais bien connue qu’a lancée JeanClaude Allègre au bénéfice des enfants malades s’est ouverte, cette année, à d’autres populations. Jean Claude – que tout le monde appelle Olivier – a acquis il y a plusieurs années un voilier traditionnel à deux mâts, le Bora Bora. L’objectif, pour celui qui a dû subir plusieurs hospitalisations lourdes, était de faire bénéficier de croisières sur le Bora Bora des enfants souffrant de pathologies lourdes ; soit sortant de l’hôpital, soit parfois encore en suivi de soins. L’expérience a été menée avec succès plusieurs années de suite, dans le cadre de l’association Pied de nez créée à cette fin. Jeunes autistes Mais JeanClaude Allègre imaginait pouvoir ouvrir ses croisières à d’autres populations. La rencontre avec les responsables de l’association Sésame autisme du Cher, qui gère le foyer d’accueil médicalisé (Fam) de la Châtaigneraie, à Osmoy, a été
déterminante. « Je pensais, souligne t-il, que des personnes souffrant d’autisme pouvaient tirer profit d’un séjour en mer. Il fallait y réfléchir, bien sûr, et en parler avec les responsables concernés. » Les contacts ont donc eu lieu, à de nombreuses reprises, et ont pu être concrétisés. L’expérience tentée, puis renouvelée, a constitué le fait marquant de cette année 2017. À chaque fois, les participants à une croisière du Bora Bora, pendant une semaine, constituaient une équipe de douze personnes ; six jeunes adolescents souffrant d’autisme et six accompagnants.


« Dès la première fois, se rappelle JeanClaude Allègre, on a vu des effets bénéfiques dans le bateau. Et les encadrants de la Châtaigneraie nous ont dit qu’il y avait du mieux après. À la deuxième sortie en mer, à laquelle participaient deux jeunes qui avaient fait la première croisière, c’était encore mieux. » Les résultats sont donc positifs, ce qui pousse l’association Pied de nez à poursuivre l’expérience. Et il est déjà acté que deux croisières de ce type auront lieu lors de l’été 2018. « Le plus émouvant, note JeanClaude Allègre, a été la venue de l’équipage à la Châtaigneraie. L’une des jeunes s’est mise à pleurer, les autres se sont levés. C’est leur spontanéité à cette réception qui a été surprenante, émouvante. Il y a chez eux une sincérité qui n’est pas comptable, car ils s’ouvrent ou ils se ferment. Soit c’est un mutisme total, soit un début d’émerveillement qui est enthousiasmant.» Ces croisières sont désormais une ligne forte de l’association Pied de nez, qui s’ajoute aux croisières pour enfants malades. Mais JeanClaude Allègre veut aller plus loin. « J’ai demandé, souligne t-il, un rendez-vous avec la professeure Bonnet-Brilhault * car j’attends un protocole de suivi dans le cadre de leurs séjours. Il y va de la crédibilité de ces croisières pour ceux qui sont nos sponsors et nos soutiens. » Et les projets ne s’arrêtent pas là. Ils concernent aussi les enfants souffrant de phénylcétonurie, maladie redoutable qui interdit toute ingestion de protéine d’origine animale… C’est un projet dont les développements ne pourront voir le jour que dans plusieurs mois.
* La professeure Frédérique Bonnet-Brilhault, pédopsychiatre au CHRU de Tours, est spécialisée dans la recherche et la prise en charge de l’autisme.


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